La région d'origine des produits.
La Commune de Taybeh est située à 30 kilomètres au nord-est de Jérusalem, dans les territoires occupés de Cisjordanie en Palestine, et à 60 kilomètres de Haman en Jordanie. Le village compte une population totale de 1500 habitants, chrétienne en totalité, de rites Byzantins, Orthodoxes et Romains. L'activité agricole principale du village est la production d'huile d'olive, en dehors des activités agricoles vivrières classiques. Sur les 380 familles que compte le village, 300 cultivent des olives pour en extraire l'huile. La production d'huile d'olive remonte à plusieurs générations, certains oliviers de la région ayant plusieurs centaines d'années. L'attachement à la terre et au village sont des valeurs fortes et partagées par l'ensemble des villageois, qui vivent dans un climat de solidarité et d'entraide. On compte sur Taybeh et sa région plus de 150 000 pieds d'oliviers.

Le village connaît un fort phénomène d'exode vers l'étranger, en raison de la situation politique difficile, et, au cours des 30 dernières années, la population est passée de 4000 à 1500 habitants à Taybeh.
Depuis le début de la période d'Intifada en 2000 ("le soulèvement" de la population Palestiniene contre l'occupation des territoires par Israël), la situation d'isolement du village est encore plus complexe, et les possibilités de commercialisation de l'huile d'olive quasi-nulles. La population vendait généralement son huile en Jordanie, mais à présent, la frontière est fermée, et le climat général en Palestine ne favorise pas le développement de nouveaux débouchés. Les déplacements sont limités, parfois interdits, par des barrages de l'occupant. Un détour de plus de 20 kilomètres est par exemple systématique pour rejoindre Jerusalem (distante normalement de 30 km), la route principale étant fermée. Chaque jour, la route peut être complètement fermée par l'occupant, sans raison réellement valable, parfois uniquement dans un objectif d'humiliation de la population locale (route fermée pendant les heures de pointe : de 7 h à 10 h puis de 15 h à 18 h,…..). Ceci rend très difficile les déplacements des salariés employés dans d'autres villes, beaucoup ont perdu leur emploi. De même, pour les échanges commerciaux, ceci représente des surcoûts de transport et de stockage importants, voire une impossibilité de commercer dans certains cas.

La Filière
The Olive Branch Fund a été créée par le Père Ra'Ed en 2001, curé catholique de la ville de Taybeh. Le fonds, rattaché au patriarcat latin de Jerusalem a pour objectif de venir en aide aux populations Palestinienes, particulièrement touchés par la situation de crise politique et économique actuelle. Le fonds, créé dans l'esprit de l'économie de Communion a pour objectif le développement de micro-projets de solidarité pour les habitants de la ville de Taybeh et ses environs, et plus largement les populations de Cisjordanie. Les projets de solidarité financés par "The Olive Branch Fund comprenent :
1) Le financement de la scolarité d'enfants dont les parents (en particulier pour les familles nombreuses) ne peuvent assurer le financement (300 Euros par an), par des appels à don : parrainage d'enfants.
2) L'encouragement à venir visiter la Terre Sainte, via les hotelleries du Patriarcat Latin afin de redémarrer l'activité des centres d'accueil, créateurs d'emplois pour les populations locales. A titre d'exemple, le centre d'accueil de Jerusalem "Notre Dame Center" a du licencier 130 des 150 employés depuis le début de 2000, en raison du fort taux d'inoccupation.
3) Le financement de micro-projets pour des familles défavorisées, sous forme de micro-crédit. A ce jour plusieurs projets ont été financés comme une ferme de poulets (1000 poulets achetés) pour la production d'œufs, un élevage de bovins, une boulangerie,…
4) Le financement de la construction d'appartements pour jeunes couples afin de leur permettre de rester en Cisjordanie. projet de 50 appartements.
5) Le développement d'activités de transformation des produits locaux en vue de leur commecialisation, comme c'est le cas pour l'huile d'olive.
6) La diffusion d'une lettre d'information pacifiste online (www.go.to/non-violence.org) pour favoriser le dialogue et l'échange, dans un objectif de paix en Terre Sainte.

Le Père Ra'Ed, de nationalité Palestiniene, est prêtre depuis 1990, et curé de Taybeh depuis Juillet 2002. Sa paroisse est rattachée au Partriarcat Latin de Jerusalem, comme c'est le cas pour l'ensemble des paroisses catholiques de Terre Sainte. L'association "The Olive Branch Fund" est contrôlée par le patriarcat Latin au niveau entre autres de ses comptes financiers. La comptabilité est tenue par le comptable du Patriarcat, et les comptes visés par le patriarche lui-même.
La paroisse du Père Ra'Ed compte une église, un centre médical, administré par l'association Caritas, un centre d'accueil, des appartements pour familles défavorisées, et une école de 450 élèves, pour les classes de la maternelle à la terminale. Le Père Ra'Ed était auparavant chancelier du patriarche et curé de différentes paroisses en Jordanie et en Palestine. Il fait preuve d'un dynamisme, d'un esprit entrepreneurial et possède des qualités relationnelles exceptionnelles. C'est un visionnaire, totalement engagé dans son ministère et le grand nombre de projets qu'il initie et mène à bien.
Dans le village, il est connu et reconnu de tous pour son engagement et son esprit de service pour l'ensemble de la communauté.

La famille Khoury, en particulier les frères Khoury, Nadim et David, sont Palestiniens, ils ont vécu plus de 30 ans aux Etats-Unis, où ils ont fait leur études puis développé des activités de distribution de spiritueux. En 1990, ils décident de revenir dans leur village d'origine Taybeh, afin de démarrer une activité économique pour en faire bénéficier les habitants du village. Ils créent la société Taybeh Beer, et réalisent de gros investissements pour construire une usine de fabrication de bière (naturelle, sans additifs,…), afin de diffuser ces produits en Terre Sainte, avec comme cible principale les touristes et pélerins. Depuis 2000, la situation économique terrible ne leur permet plus que de faire tourner leur usine à 10 % de ses capacités. Ils sont néanmoins résolus à rester et continuer leur activité coûte que coûte, très attachés à leur terre et à leur village. Les frères Khoury ont une longue expérience dans l'activité d'import et d'export, ainsi que dans la mise en place des process de transformation de produits liquides.

The Olive Branch fund est chargé, sous le contrôle du comité d'administration du village (composé de la responsable du comité des femmes du village, du maire et des conseillers municipaux, des trois curés : Romain, Orthodoxe et Byzantin, du représentant des scouts, du représentant du gouvernement palestinien, du conciliateur du village, du médecin du village et des frères Khoury), de la répartition des achats d'huile entre les différents membres de la communauté, du prix d'achat, et du suivi des comptes.

Les frères Khoury, à travers la société Taybeh Beer Co., sont chargés du contrôle qualité de chacun des bidons d'huile livrés par les villageois (suite à l'accord donné par le comité villageois), et le paiement par The Olive Branch Fund est conditionné par l'accord de la société Taybeh Beer Co, suite à un contrôle qualité effectué dans le laboratoire de la société. les critères sont les suivants : moins de 1,5 % d'acidité et un taux de peroxide inférieur à 10 meq / 1000 mg. Une jeune femme du village (Majana), biologiste, formée dans la société Pharmacare, entreprise pharmaceutique de Ramallah, partenaire du projet, est chargée du contrôle de chacun des bidons.
M Bassim Khoury (sans lien familial avec les frères Khoury de Taybeh Beer Co.), Président directeur général de la société Pharmacare, et très impliqué dans différents projets caritatifs, est partie prenante du projet, et met à disposition des laboratoires d'analyse à titre gratuit, ainsi que ses équipes, pour former d'éventuelles autres personnes de la ville de Taybeh à l'analyse des échantillons d'huile d'olive.

Chaque bidon d'huile d'olive est analysé et une étiquette précisant le taux d'acidité et le taux de peroxide est collée sur ce bidon. Une fiche récapitulative, décrira l'ensemble des producteurs ayant fourni de l'huile, avec le nombre de litres fournis, les résultats d'analyse, ses stocks et sa capacité totale de production annuelle, afin de pouvoir planifier les commandes suivantes et leurs répartitions.

Le Produit
La commune de Taybeh compte plus de 150 000 plants d'Oliviers. Plantés à une altitude de 600 à 800 mètres, dans cette région plus sèche que la côte ouest du pays, les conditions sont idéales pour produire une huile de qualité. Dans toute la Palestine, Taybeh est reconnue pour son huile d'Olive, et en temps normal, beaucoup de personnes des autres régions viennent se fournir en huile d'Olive à Taybeh. C'est une des meilleures huiles d'olive de Palestine avec celle produite dans la Commune de Betjala. Les premiers tests réalisés donnent un taux d'acidité de 1,35 % et un taux de peroxide de 6meq / 1000 mg. (contre 1,8 % d'acidité et 12 meq / 1000 mg pour l'huile d'olive d'Aboud par exemple, située à 400 mètre d'altitude et dans la zone ouest, près de Tel Aviv).

Le prix
La récolte des olives a lieu d'octobre à décembre. Les villageois produisent de 10 à 100 bidons d'huile d'olive standard par an ("teneke") par famille. Un teneke contient 17 litres d'huile, soit une production de 170 à 1700 litres par famille. Un bidon est vendu 66 euros en moyenne, soit 3,88 euros par litre. Le revenu des familles est donc de 659 à 6590 euros par an, soit un maximum de 549 euros de revenu mensuel par famille, ce qui n'est pas assez pour vivre décement dans la région. L'activité de production d'huile d'olive ne peut donc être qu'une source de revenu complémentaire pour les familles. Néanmoins, pour certaines familles, ceci est leur unique source de revenus. De plus, actuellement, il est quasiment impossible pour ces familles d'écouler leur production d'huile d'olive. L'huile était auparavant exportée en Jordanie (distante de 60 kilomètres) , mais depuis le début de l'intifada, la frontière est fermée. Ainsi, certaines familles n'ont plus aucune source de revenus, le taux de chômage étant de plus de 60 % dans les territoires occupés comme la Cisjordanie. Ainsi, certaines familles paient la scolarité de leurs enfants en bidons d'huile d'olive, et le troc se généralise.
Les familles qui disposent de grands champs d'olivier n'ont pas la capacité de tout récolter par eux-mêmes. Ils font donc appel aux communautés villageoises voisines pour récolter et les rémunèrent en huile d'olive. (de 40 à 50 % de leur production est ainsi distribuée en salaires aux populations qui récoltent).
Une fois les olives récoltées, les villageois les amènent au pressoir local de Silwad distant de 8 kilomètres, où l'huile est extraite. The Olive Branch Fund a pour objectif de financer un pressoir pour la ville de Taybeh. en effet, actuellement, les producteurs sont parfois obligés d'attendre plusieurs jours voire plusieurs semaines avant que leur huile ne soit extraite, la récolte ayant lieu pour tous dans un labs de temps réduit. Ceci induit que les olives restent en sac plus longtemps avant d'être pressées, ce qui peut faire augmenter leur taux d'acidité. Ainsi, cet investissement, en plus de certaines petites techniques sans coût supplémentaire (formation à une récolte des olives plus tardive, pressage plus lent,…), permettrait d'améliorer encore la qualité de l'huile de Taybeh.

Nous achetons le litre 4,5 euros à Olive Branch Fund, qui décide ensuite, avec le comité du village du montant du paiement de l'huile aux villageois (à priori 4 euros par litre, afin d'avoir une marge de manœuvre pour le contrôle qualité, le retrait du dépôt,…), tous recevant la même somme par litre. Plus de 50 villageois ont été consultés indépendamment et tous estiment le prix de 3,88 euros comme un prix juste. Avec 4,5 euros, nous garantissons donc un prix d'achat juste, ainsi que la possibilité pour the olive branch fund de réinvestir une partie du montant payé dans des projets à caractère collectif ou sociaux. Dans le cas où une marge supplémentaire puisse être dégagée grâce à des économies de transport ou de fabrication, celle-ci sera réinvestie dans The Olive Branch Fund, ou une opération spéciale de promotion de ce produit ou d'un autre produit de la région.



Représentativité des producteurs les plus défavorisés

Les villageois qui vendent leur huile en priorité sont désignés par The Olive Branch Fund sous le contrôle du comité villageois. Les bidons d'huile d'olive qui ont servi à payer la scolarité des enfants des familles sans ressources sont choisis en priorité. La priorité est donnée aux villageois de Taybeh, puis aux villageois des communes avoisinantes, en particulier de Der Gerir, où l'on compte un grand nombre de ceuilleurs de l'huile de Taybeh.
Le choix des villageois se fait sans distinction de religion entre musulmans et chrétiens. Même s'il est vrai que Taybeh compte uniquement des chretiens, près de 30 % des élèves de l'école de la paroisse du Père Ra'Ed sont des musulmans (de la communauté de Der Gerir par exemple), dont certains ont payé la scolarité de leurs enfants en bidons d'huile d'olive, ceux-ci seront prioritaires.
D'après le médecin du village, 20 % des habitants n'ont aucun revenu, 60 % ont un revenu inférieur ou égal à 400 USD par mois, et 10 % ont une revenu égal ou supérieur à 1000 USD par mois, ce qui est considéré comme un minimum pour vivre décemment.

L’huile d’olive est embouteillée dans un atelier de travailleurs handicapés en France.