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Lettre d'information n°2 |
| février 2004 |
| Bonjour,
Voici notre deuxième lettre d'information. Comme la dernière, elle est destinée à vous faire mieux découvrir le Commerce Equitable de l'intérieur et vous tenir informé des avancées dans ce secteur en plein développement.
Après être parti à la découverte du cacao de la coopérative El Ceibo en Bolivie, nous vous emmenons cette fois-ci aux Philippines, dans la coopérative Alter Trade. Celle-ci produit le sucre de canne entrant dans la composition des chocolats Alter Eco, mais vous pourrez très prochainement le goûter seul puisque nous lançons cette année ce sucre en poudre en paquets de 500g !
Le sucre de canne est le produit à l'honneur ce mois-ci et grâce à cette lettre d'information, vous saurez tout sur les méthodes de fabrication traditionnelles qui permettent d'élaborer un produit savoureux, authentique et... diététique !
Par ailleurs, nous mettons l'accent sur un autre acteur du commerce Equitable, Boutic Ethic, qui vous propose des produits de qualité et d'exception, dans le respect des petits producteurs.
N'hésitez pas à nous écrire et à nous faire part de toutes vos réflexions, ou encore à nous rejoindre sur notre forum : www.altereco.com/forum
Meilleures salutations et bonne lecture !
L'équipe d'Alter Eco
Contact : constance@altereco.com, misato@altereco.com
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SOMMAIRE
La Coopérative Alter Trade à l'honneur !
Histoire de la production du sucre de canne par Alter Trade
Agenda
Le débat
Le Coin des Consommateurs
L'acteur à l'honneur : Boutic Ethic
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| La Coopérative Alter Trade à l'honneur ! |
| Negros aux Philippines |
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Cette coopérative "modèle" a été auditée par Alter Eco en janvier dernier et nous sommes heureux de pouvoir vous présenter l'impact très positif du Commerce Equitable sur le développement économique et social de cette région.
Alter Trade est née en 1987, après que la crise économique de 1984 et deux ouragans aient ravagé les Philippines. La majeure partie de son activité se situe sur l'île de Negros, sur laquelle la culture de la canne à sucre occupe 85% des terres, fait travailler 330 000 personnes et représente 70% du revenu de l'île.
L'ensemble de la coopérative regroupe 26 organisations de producteurs et est gérée par une fondation, Alter Trade Group (ATG), dont la vision stratégique est celle-ci :
«Nous voyons ATG comme une organisation commerciale professionnelle, innovante et socialement responsable, formée de groupements autonomes et indépendants, répondant à la demande des consommateurs du Monde entier pour des produits de qualité, issus d'une agriculture durable, opérant dans un système économique viable et socialement juste, et en harmonie avec l'environnement et la société.»
En particulier, dans le cadre de la redistribution des terres actuellement en cours aux Philippines, le rôle d'ATG est accru du fait des nouveaux enjeux auxquels sont confrontés les bénéficiaires de cette réforme agraire. Il s'agit entre autre d'aider au regroupement des producteurs pour réaliser des économies d'échelle, à la diversité des cultures, au passage progressif au bio, à l'amélioration des conditions des femmes, au développement des infrastructures (transport, moyens de production...).
Afin de parvenir à ce résultat, Alter Trade Group emploie 376 salariés à temps plein et est divisé en 4 entités :
- Alter Trade Corporation (ATC) s'occupe des achats, des ventes et de l'export
- Alter trade Foundation Incorporated (AFTI) est responsable du suivi et de la formation des producteurs, dans le but d'accroître leur autonomie et leur viabilité à long terme
- Alter Trade Manufacturing Company (ATMC) est responsable de la transformation de la canne en sucre et du conditionnement de ce dernier
- Diversified Organic Enterprise Inc (DOEI) est en charge de la production d'engrais et fertilisants biologiques et de leur vente à des prix avantageux aux organisations de producteurs.
Les 26 organisations de producteurs regroupent quant à elles 750 membres, pour une surface totale de 670 hectares. La surface moyenne cultivée est donc de 0,88 hectares par producteur. La production annuelle est actuellement comprise entre 45 et 60 tonnes par hectare mais devrait augmenter significativement grâce aux progrès de la mécanisation et de l'irrigation.
Alter Trade Group achète la canne à sucre aux organisations de producteurs à un prix de 750 pesos la tonne et prend en charge les coûts de transport. A titre de comparaison, dans une filière classique, le prix à la tonne est actuellement de 700 pesos, sans prise en charge du transport (200-250 pesos la tonne) : le prix payé par Alter Trade est donc environ 50% supérieur à celui du marché. Ce type de structure de Commerce Equitable a ainsi permit d'accroître les revenus des producteurs, qui sont passés de 35 pesos à 150 pesos par jour, si l'on ajoute les revenus de leurs cultures vivrières.
Alter Trade se charge ensuite de la transformation de la canne en sucre et de sa commercialisation à des acteurs du Commerce Equitable comme Alter Eco. Dans le cas d'Alter Trade, l'utilisation de la prime de développement est particulièrement bien optimisée pour financer les différentes missions de l'organisation. Alter Trade a ainsi obtenu en janvier la note de 183/200 à l'audit FTA 200, la meilleure note jamais obtenue par une coopérative depuis l'élaboration de la méthodologie en 1998. L'organisation est particulièrement performante concernant les critères de transparence, de retour pour les producteurs, de stabilité, pérennité et de protection de l'environnement.
Pour 2004, les efforts d'Alter Trade devraient particulièrement porter sur l'achat de tracteurs et la facilitation des échanges entre les groupes de producteurs. A plus long terme, la construction d'un moulin plus moderne est envisagée pour accroître la quantité de sucre recueilli.
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| Histoire de la production du sucre de canne par Alter Trade |
La canne à sucre est plantée et cultivée tout au long de l'année sur l'île de Negros. Il faut ensuite attendre un an avant que les cannes aient atteint leur taille maximale. Il est alors possible de faire la moisson. En moyenne, un hectare de surface cultivée permet d'obtenir entre 45 et 60 tonnes de canne par an, si l'irrigation est suffisante. Dans le cadre du passage à l'agriculture biologique, les seuls engrais qui sont ajoutés sont des fertilisants biologiques (résidus de canne à sucre par exemple), de la pierre de dolomite, des cendres et de la pierre de phosphate. On sème également des arachides et des haricots pour donner du nitrogène à la terre.
Une fois récoltée, la canne est transportée dans un moulin à sucre. A lui seul, le coût de ce transport représente 25 à 30% du revenu du producteur ! Au moulin, la canne est pressée pour récolter son jus. Mais quand les moulins modernes permettent de récupérer 95 à 98% du jus, le vieux moulin d'Alter Trade ne permet de recueillir que seulement 62% du jus. Le projet de la coopérative est de construire d'ici un an un nouveau moulin, capable de récupérer au moins 85% du jus de canne.
Le jus est ensuite chauffé selon une méthode traditionnelle et filtré jusqu'à ce que l'on ait extrait le sucre et la mélasse. Après séchage, on obtient le sucre en poudre mélangé à la mélasse, que l'on nomme " Mascobado ". Avec une tonne de canne, on obtient en moyenne 80kg de sucre Mascobado. Le nouveau moulin devrait permettre d'accroître ce rendement pour en obtenir 130kg.
Les procédés modernes de fabrication du sucre blanc suivent le même modèle excepté qu'un système de centrifugeuse permet de séparer le sucre de la mélasse et qu'un traitement chimique complexe permet de blanchir le sucre. Sans la mélasse, la quantité de sucre obtenue à partir d'une tonne de canne passe à 50kg.
Le sucre roux non raffiné est actuellement transporté en Suisse où il entre dans la fabrication des chocolats Alter Eco. Il a notamment pour vertu d'être plus diététique que le sucre blanc.
Enfin, en avant première, nous vous informons que vous pourrez très prochainement déguster ce sucre chez vous puisque nous lancerons au mois de mai des paquets de sucre en poudre 500g provenant de la coopérative Alter Trade !
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| Agenda |
| Les prochaines Réunions mensuelles : |
Les réunions mensuelles d'information ont toujours lieu les premiers jeudis du mois, de 9h à 11h. Attention cependant car, pour des raisons de place, elles n'ont plus lieu Passage du Chantier, mais à dans les locaux de PricewaterwouseCoopers (Tour AIG - 34, place des Corolles), à La Défense 2. |
| Les prochaines réunions : |
| Jeudi 4 mars / Jeudi 1er avril / Jeudi 6 mai / Jeudi 3 juin |
| Pour y participer, il vous suffit de vous inscrire ici |
| Les prochaines conférences Alter Eco : |
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- Le 3 mars à 20h30, conférence organisée par le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) à la maison paroissiale de Garches.
- Le 16 mars à 18h, conférence à l'ISC (Institut Supérieur de Commerce), 22 bd Fort de Vaux, 75017 Paris.
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| Quinzaine nationale et journée mondiale du Commerce Equitable : |
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La quinzaine du commerce équitable et la journée mondiale sont l'occasion pour tous les acteurs et les parties prenantes de communiquer ensemble sur le Commerce Equitable et d'organiser des évènements marquants. En mai 2003, plus de 750 manifestations avaient été organisées par 174 acteurs nationaux de tous les horizons du commerce équitable. 300.000 personnes avaient été directement touchées par ces animations en France. Le retentissement de cet événement dans les médias avait fortement contribué à l'accélération de la notoriété du commerce équitable.
En 2004, le thème retenu pour la 4ème édition de la Quinzaine est celui de l'Education pour l'association Max Havelaar France. Sous le Haut Patronage du Ministre de l'Education Nationale, Monsieur Luc Ferry, la campagne visant en particulier à sensibiliser les jeunes connaîtra une dimension inédite, grâce à 2000 animations à travers la France. L'objectif est ainsi de tripler son impact par rapport à celle de 2003.
Concernant Alter Eco, nous vous invitons dès à présent à retenir les dates suivantes :
- Le samedi 8 mai, à l'occasion du World Fair Trade Day, Alter Eco organise une grande soirée festive et dansante aux Caves St Sabin, près de Bastille. Renseignements et préventes auprès de Misato (misato@altereco.com).
- Le jeudi 13 mai, vous êtes tous conviés à un petit déjeuner équitable géant au cours duquel nous vous présenterons notre rapport d'activité 2003, nos dernières études et un retour sur nos dernières visites auprès des producteurs.
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| Comment être utile ? |
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Le Commerce Equitable est un moyen, pour tout consommateur, de participer directement par ses achats à un meilleur équilibre dans les rapports Nord-Sud et à l'amélioration des conditions de vie et de travail des petits producteurs défavorisés. Cependant, si vous désirez vous engager plus dans cette démarche et que vous pouvez y concentrer un peu de votre temps, en particulier pendant la quinzaine du commerce équitable, nous faisons appel à des personnes motivées pour des animations et dégustations.
N'hésitez donc pas à nous contacter, également si vous souhaitez organiser un évènement dans votre ville, entreprise, association...
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| Le débat |
| Comme convenu, un petit retour sur le débat consacré dans la première lettre d'information à la distribution des produits du Commerce Equitable. Vous avez été nombreux à nous faire part de vos réactions et nous publions ici quelques avis bien tranchés : |
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Pour la présence en grande distribution, Pierre (Aubagne et Vannes) : «Pour réagir à votre article sur le café équitable dans les Mac do Suisse (est ce du Alter Eco ?), je voudrais dire qu'à mon avis c'est une excellente chose. En effet le commerce équitable est encore trop difficile d'accès : il est peu distribué et peu connu, refuser des opportunités de le faire connaître et de permettre aux gens de l'essayer me paraîtrait absurde et illogique.
Pour ma part je souhaiterais consommer à 100% du commerce équitable et je ne le peux pas, même sur des produits qui existent déjà en équitable. Pour le café on en trouve désormais partout et c'est bien, mais par exemple pour le chocolat, il me faut aller spécialement dans un Monoprix qui est assez éloigné de mon lieu de résidence, et pour la banane je n'en ai pas encore trouvé...
Pour résumer je me pose la question à l'envers : pourquoi vouloir acheter un produit non équitable ? il faut être fou pour vouloir promouvoir une société non équitable !! ».
Contre la présence en grande distribution, Sophie (Reims) : «Je pense qu'Alter Eco part d'une volonté sincère de faire progresser le Commerce Equitable, mais je ne pense pas du tout que ce soit l'objectif des distributeurs. Pour eux, ça n'est qu'une question d'image et du jour au lendemain, ils sont susceptibles de vous laisser tomber et vous vous retrouveriez alors avec des quantités de produits sur les bras. Certains ont déjà commencé à lancer des produits Max Havelaar sous leur marque propre et parfois même, ils jouent sur les mots "durable", "éthique", sans le label : quelles garanties avons-nous alors de consommer équitable ?»
Notre avis : Vendre en grande distribution est pour nous une nécessité car c'est là que sont achetés 88% des produits de grande consommation. Quant à savoir si la vente de ces produits est un succès pour les producteurs, on ne pourra vraiment le dire que dans 10 à 20 ans, si les ventes continuent à se développer. Sophie a raison d'avoir certaines craintes. Cependant, si les ventes continuent de croître, il n'y a aucune raison que les produits ne restent pas en rayon : la destinée du Commerce Equitable n'est donc pas seulement entre les mains des distributeurs et nous avons tous un rôle à jouer : pour vous, consommateurs, il s'agit principalement d'acheter des produits du Commerce Equitable et de les réclamer dans les magasins ; pour nous, chez Alter Eco, il s'agit de rester attentif à vos attentes et de veiller constamment à la qualité et à l'authenticité de nos produits !
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| Un nouveau débat : «Authenticité ou conformité ?» |
Les produits Alter Eco, dont une majorité sont issus de l'agriculture biologique, sont toujours élaborés selon des méthodes traditionnelles. Cependant, certaines personnes nous reprochent le goût étrange de certains produits qu'ils trouvent très différents des marques les plus connues.
La question est légitime : les produits du Commerce Equitable doivent-ils ressembler à ceux des grandes marques, en particulier en terme de goût, ou au contraire doivent ils garder leur authenticité qui les rend légèrement différents ?
Réagissez à ce débat, nous serons heureux de pouvoir publier vos réponses dans notre prochaine lettre d'information.
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| Le coin des consommateurs |
Un grand merci à tous les consommateurs qui continuent de nous écrire pour nous faire part de leurs remarques positives, et parfois négatives, quant à nos produits. Ces lettres nous sont très utiles et nous encouragent à améliorer constamment la qualité des produits.
Concernant les chocolats, un nouvel avis d'un consommateur, consultable sur le site www.ciao.fr, qui recueille des avis de consommateurs sur un grand nombre de produits (35000 contributions) :
Le chocolat au lait et noisettes :
«Bon, bio et équitable. C'est le chocolat que je préfère dans la gamme. Existe-t-il un mariage plus délicieux que celui des noisettes entières et du chocolat au lait fondant ?
Après l'ouverture du papier, un parfum chocolaté chatouille les narines et ouvre l'appétit. Pour une fois, la plaque est constellée de noisettes entières et non pas d'éclats de noisettes comme font d'autres marques plus radines. Et avec 1,5 noisettes par carré (j'ai compté...), on sent bien le goût et le croquant des noisettes. Le chocolat a une saveur douce et sucrée. Une fois entamé, il est impossible de résister à ce chocolat extra. On a donc un chocolat à croquer, carré après carré dès qu'on a envie d'une petite douceur. Et le prix est comparable aux autres marques.»
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| L'acteur à l'honneur ! |
| Boutic Ethic |
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Si vous ne connaissez pas encore, courez vite chez Boutic Ethic, une charmante petite boutique située place de l'Ecole Militaire, à Paris ! Vous pourrez y trouver un grand nombre d'articles d'artisanat, de décoration,... provenant des 4 coins du monde et tous issus du Commerce Equitable : idées de cadeaux garanties pour tout votre entourage !
Boutic Ethic est une entreprise familiale fondée en 1997 par Philippe, Elisabeth et Timothée, 3 frères et sœurs, globe-trotters aguerris et animés par une même volonté de promouvoir le travail de populations défavorisées des pays du Sud à travers des produits d'exception.
Le petit plus : Philippe, Elisabeth et Timothée insistent particulièrement sur la description du produit, du producteur et du projet qui les entoure. Concrètement, avec chaque produit acheté chez Boutic Ethic, vous recevez une fiche explicative sur l'origine de cet achat, pour montrer que derrière chaque produit se trouvent un homme, une communauté, une organisation qui, ensemble, luttent pour un avenir meilleur.
Le produit phare de Boutic Ethic : les colliers et bracelets Somba de l'association Tébéniketé au Bénin.
Les Bétamaribé, c'est ainsi que se nomment les habitants d'une région de savane à cheval sur le Bénin et le Togo, dominée par les massifs montagneux de l'Atacora. C'est en suivant de longues heures de minuscules sentiers que l'on arrive au village de Victor, le responsable de l'association Tébénikété. Cette coopérative, créée il y a 15 ans, a su in extremis redonner vigueur à cette technique artisanale traditionnelle de fabrication de bijoux, alors qu'elle tombait dans l'oubli.
Grâce à quelques réseaux de Commerce Equitable européens, la coopérative a su lentement développer ses ventes et aujourd'hui, quelques 600 femmes sont devenues de véritables moteurs de développement pour leur région. Si 2/3 du prix de vente des bijoux est donné directement aux membres, le reste est investi dans une caisse commune qui servira au financement de ressources communautaires : entretien de routes, réparation de ponts, alphabétisation, achat d'un moulin à maïs,...
Les bracelets sont tressés à partir d'une herbe appelée "Patempaké", récoltée après la saison des pluies et pouvant atteindre une hauteur de plus d'un mètre. Cependant, seul le coeur des tiges sur quelques centimètres au dessous de la fleur est utilisable pour fabriquer des bijoux. On les trie ensuite selon leur grosseur, puis on tresse les tiges par 8, un travail délicat et difficile car aucune tige ne doit casser. C'est un travail long et minutieux, entièrement fait à la main.
Les différentes couleurs proviennent d'une plante qui est bouillie et dont ressort une couleur rouge dans laquelle les tiges sont plongées. La couleur noire exige beaucoup plus de travail : l'herbe est d'abord mélangée à de la potasse et ensuite séchée. Elle est alors bouillie avec des graines noires jusqu'à ce qu'elle prenne une couleur violette. Puis elle est enterrée dans la boue de la rivière, nettoyée et bouillie à nouveau. Cependant, certaines teintes chimiques sont aussi parfois utilisées pour proposer un plus grand choix de couleurs aux clients de Tébénikété.
Les couleurs traditionnelles ont leur signification : le rouge pour les rites d'initiation, le naturel pour les mères de garçons ou de filles, le noir naturel pour les mères de garçons et de filles, le noir pour les femmes sans enfants.
Boutic Ethic est constamment à la recherche de nouveaux projets avec de nouvelles coopératives. En 2004, des nouveautés sont attendues provenant de 2 groupes d'Inde (bijoux, textiles) et d'un groupe de Thaïlande (céramique)...
Boutic Ethic
1, place de l'Ecole Militaire
75007 Paris
www.bouticethic.com
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