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Alter Eco

 

Carnets de route

Des rencontres inoubliables...

 
Mathilde en Inde

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En 2010, j’ai eu la chance de partir en Inde, dans la coopérative Sunstar où l'on achète le riz basmati. Sunstar est implantée à 50 km au nord de New-Delhi, elle exporte le riz basmati au-delà des frontières indiennes.

La visite de cet « empire » du riz est impressionnante. J’y découvre les lignes de traitement du riz, de l’extraction des grains du paddy (enveloppe du grain) au tri des grains dits « défectueux », en passant par l’entreposage du riz en chambre froide et stérile (supprimer les germes et larves éventuels). Suite à toutes ces étapes de traitement du riz, c’est l’heure d’entrer dans "l’antre" de l’empaquetage. La rigueur est  de mise car il s’agit de l’unité de production bio : charlotte, chaussons, blouse et masque ! C’est dans cette tenue que je suis autorisée à aller voir de plus près comment on empaquette le riz en sacs de 25 kg.

Cette partie très « technique » est suivie de la visite en pleine campagne des petits producteurs, à environ 5 heures de route de la capitale. Le trajet : une route en piteux état où le code de la route est quasi inexistant et où des as du volant slaloment à une vitesse de croisière de 70 km/h. Mais c'est aussi 5 heures de voyage dans des paysages verdoyants et des traversées de villages en pleine brousse. J’arrive alors à l’orée d’un champ de riz, où m’attendent quelques producteurs groupés, prêts à enjamber leurs motos pour m’emmener un peu plus loin.

S’ensuit un tour dans les champs là où est cultivé le riz bio. C’est une fois sur place que je vois arriver chaque producteur, des hommes beaux, gracieux, d’une classe sans nom, vêtu à la « mode » sikh.
Rien ne vaut 2 jours d’immersion totale dans la vie quotidienne des producteurs, avec leur famille. Expérience inoubliable à l’autre bout du monde, repas partagés, discussions de deux mondes opposés, échanges, regards pleins de questionnement, fous rires avec les enfants… je savoure encore aujourd’hui chaque instant de ce voyage incroyable qui m’a définitivement transformée !
 
Laurent et Pierre en Indonésie

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18 heures après notre départ de Paris, nous atterrissons à Medan. La plus grande ville de l’île de Sumatra, troisième ville d’Indonésie. Nous sortons de l’aéroport, dans la chaleur humide tropicale de la ville et nous sommes accueillis par plusieurs membres le la coopérative Tunas Indah que nous venons rencontrer. Nous repartons rapidement car nous avons encore 12 heures de route !
Après les derniers kilomètres sur les routes tortueuses des flancs de volcans qui dominent le centre de l’île, nous arrivons à la nuit tombée dans la ville de Takengon au bord du lac Tawar.

Nous sommes dans la province d’Aceh, au nord de Sumatra. Connue pour sa nature, ses volcans , son islam appliquant la Charia mais aussi pour le terrible tsunami qui dévasta la province le 26 décembre 2004 notamment la ville côtière de Banda Aceh.
Depuis cette catastrophe humaine et après de nombreuses années de guerre civile, les habitants de l’île vivent en paix. La population est dispersée en petits groupes qui se désignent eux-mêmes sous le nom d'Orang Darat, c'est-à-dire "peuples de la terre", chasseurs-cueilleurs, nomades, semi-nomades, sédentaires.

La coopérative de café est dans le « pays Gayo ». Fiers de leur culture et de leurs ancêtres, les Gayo cultivent le café sur les sols volcaniques de leur territoire.
Les producteurs de la coopérative Tunas Indah produisent du café Bio et équitable. Ils ont encore très peu de débouchés de vente et sont en pleine structuration. Ils sont fiers et heureux de nous faire partager leur travail qu’ils souhaitent respectueux de la nature, et épanouissant pour chacun d’entre eux. Ils nous expliquent que leur rêve est de produire un café de grande qualité leur permettant d’inscrire leurs enfants à l’école pour qu’ils se construisent un bel avenir.
Après une semaine passé à leur côté, le message qu’ils nous transmettent peux se résumer en trois mots : tout est lié.

Le sort des  derniers grands singes (les orangs-outans)  avec la déforestation sur l’île. La déforestation avec la demande en huile de palme pour l’industrie agro-alimentaire. La culture intensive de la palme pouvant être remplacée par des cultures Bio, respectueuses de la nature et de l’homme. Ces cultures Bio peuvent être par exemple du café, permettant à leurs producteurs de vivre décemment de leur travail.

Voilà le but de notre rencontre avec nos amis producteurs de cafés de la coopérative Tunas Indah, créer un café bio équitable Alter Eco des montagnes Gayo à travers un partenariat qui s’inscrit dans ce cercle vertueux qui préservera la nature tout en grandissant l’Homme.



 
Thibault en Bolivie
Thibault.jpgArrivéde nuit à la Paz, nous avons immédiatement été surpris par cette ville accrochée aux montagnes dont l’altitude est comprise entre 3000 et 4000m !.Le lendemain de notre arrivée, Martin responsable de la coopérative Coaine est venu nous chercher  pour monter sur l’Altiplano pour une visite au siège de la coopérative où le café est trié avant d’être exporté ou torréfié pour le marché local.  Nous rencontrons Louis, Raymondo et toute l’équipe.

Départ en début d’après midi pour les Yungas où se situent les villages de la coopérative, 5h de transport en taxi collectif sur la route « la plus dangereuse du monde » comme la surnomme les Boliviens.Arrivée le soir à Caranavi, 1000m d’Altitude, ville dortoir des Yungas sans charme ou transitent le café et cacao Bolivien. Diner rapide et coucher tôt.

Thibault2.jpgDépart matinal pour le village d’Italaque, situé à 1500m. 2h de route pour arriver au milieu de la Jungle. C’est la première fois qu’un client se déplace pour rencontrer les producteurs. Pour fêter cela, les orchestres de la dizaine de villages de la coopérative sont réunis. Au programme danses traditionnelles et grands discours avant le service d’un repas de fête. Nous visitons ensuite les installations du village d’Italaque financées par une ONG, avant de rejoindre la parcelle de Felix Mamani, un des petits producteurs qui nous montre fièrement le dépulpeur individuel que la coopérative lui a fourni l’an passé.

Je suis surpris de retrouver dans la jungle bolivienne une multitude d’entrepreneurs avec des logiques et des discours très proches de leurs homologues Européens. Le prix du commerce équitable leur permet de  valoriser  leur travail peu importe les conditions du marché du café et d’investir dans des projets sociaux (un dispensaire et une école ont été construits) et des outils de productions (dépulpeur, torréfacteur).

J’étais convaincu que le système de prix minimum était une nécessité, je reviens de Bolivie certain que c’est aussi une réalité.


 
Laurent en Ethiopie
Laurent_ethiopie.jpgL'Ethiopie est un pays magnifique, mystérieux, avec plus de 80 ethnies différentes et des origines multiples. C'est un des seuls pays africains qui n'a jamais été colonisé par une nation étrangère, ils ont "seulement" été occupés 5 ans par l'Italie. Du coup, on trouve en Ethiopie une atmosphère unique en Afrique. Il y'a une tradition musicale très forte qui va de la musique traditionnelle à la musique contemporaine (type de jazz originel Ethiopien) que l'on peut retrouver partout d'Addis Abeda aux petites villes dans les campagnes.

J'ai été accueilli très chaleureusement par Berhanu (de Sidama Union) qui m'a présenté sa famille et ses enfants. On a également rencontré Baché, petit producteur de café, 40 ans et père de 7 enfants qui m'a accueilli chaleureusement dans ses champs de café. Il cultive 0,5 ha et descend d'une famille qui est fermière depuis plus de 14 générations !!! Sa grande fierté est de cultiver un café qui est consommé partout dans le monde pour lequel il utilise uniquement du compost et des fertilisants naturels.

Le café de Sidama est reconnu mondialement pour ses qualités gustatives. La prime du Commerce Equitable a permis, entre autres, à Bache d'envoyer ses enfants dans une école construite par la coopérative. Bref, un pays top, des habitants tops et un café unique au monde !!!


 
Stéphanie en Inde
Stphanie_Inde_web.jpg"Enfin j'arrive à Darjeeling après un long périple sous le son permanent des klaxons! Darjeeling sera synonyme pour moi de calme, de sérénité et de bien être.

Je me réveille le matin sous un ciel nuageux qui avance progressivement vers les cimes des montagnes... Tout simplement magnifique! En effet, le paysage est grandiose, la végétation luxuriante et impressionante tant par sa taille que par sa couleur... C'est là que je fais la rencontre des producteurs de la coopérative Mineral Springs et que je découvre les plantations du fameux thé Darjeeling! Cette coopérative fait pousser les plantes de thés tout en respectant la biodiversité à travers une agriculture biologique. Au contact des producteurs j'ai pu constater les deux côtés de cette nature. D'un côté une nature bienfaisante puisque les producteurs n'ont pas besoin de nos médicaments "chimiques"; la nature fournissant tous les remèdes nécessaires pour soigner leurs maux. Et de l'autre, une nature imprévisible et la difficulté de vivre dans ces montagnes, notamment après le passage du cyclone Alia. Les glissements de terrains ont dévasté les chemins rendant l'emplacement des maisons peu sûr et détruisant par ailleurs un pont, ce qui a empêché les enfants d'aller à l'école. Grâce aux dons de l'association Alter Eco, les producteurs ont pu rapidement subvenir aux premiers besoins comme la reconstruction des routes. Actuellement, ils réfléchissent à changer certaines maisons d'emplacement afin d'éviter d'autres éboulements et de réduire ainsi les risques pour les habitants.

En revenant de mon voyage en Inde, je peux vous affirmer qu'une chose est sûre, c'est que désormais je ne pourrai plus jamais boire ma tasse de thé vert Darjeeling de la même façon! Car j'aurai toujours en mémoire les sourires des producteurs ainsi que tout l'amour et le travail nécessaires pour produire cette petite infusette de thé."

 
Cécile et Boris au Pérou


"Le Pérou c’est le Pérou !

Boris_et_Cecile_PerouDes couleurs extraordinaires, des paysages à vous couper le souffle, des montagnes tellement hautes et tellement belles que vous pensez pouvoir les toucher, une flore exubérante et une diversité de végétation suivant l’altitude. Une histoire très dense, une double culture Inca Espagnole riche de ses extrêmes et des personnes d’une grande simplicité mais avec un cœur énorme. C’est le pays où j’ai vu beaucoup d’amoureux mais de tous âges et, ce que j’ai le plus aimé, c’est la patience avec laquelle ils éduquent leurs enfants. Ils savent que la richesse de leur pays dépend de la scolarité de leurs enfants, tout est mis en œuvre pour garantir cette ascension. 

La Coopérative Cocla ou plutôt les Coopératives, puisque c’est un regroupement de 23 entités, sont constituées de personnes d’une grande droiture, très fières de leur statut et de leur travail, qu’ils soient managers salariés ou producteurs. Pour eux, c’est leur vie, leurs libertés, ce qui leur donnent la possibilité de manger, mais, avant tout, ce qui leur donnent la possibilité de grandir et d’apprendre. Ils aiment avoir de nouveaux contacts, parler de la terre, ici c’est la Tierra Madre ! Et on la respecte ! On parle « bio » ici, pas question d’y mettre du chimique, car la Terre Mère fait partie du triptyque de l’Inca avec le soleil et l’air, elle doit être respectée. Ici la reforestation mais, c’est naturel, comme le respect de la biodiversité, ça tombe sous le sens. Et puis la qualité du café, on le travaille avec la conscience d’un produit que l’on partage de par delà les océans.

C’est avec ces producteurs que, nous petit acteur européen, partageons et prenons en charge toute la diversité et le pourquoi de notre job de tous les jours, de nos valeurs. Voilà pourquoi il est important que chacun puisse comprendre à toutes les étapes du processus, de la pousse du café jusqu'à l’acte d’achat fait par nos consom’acteurs, l’importance de chaque geste. A l’autre bout de ce simple paquet de café rouge, vous avez des producteurs qui attendent le retour non seulement du « comercio justo » comme il l’appelle, mais aussi de ce partage le temps d’une tasse de café."


 
Catherine en Ethiopie

"Bonjour à tous,
De retour il y a déjà plusieurs mois d’un audit en Ethiopie, j’en conserve toujours un souvenir fabuleux et immensément enrichissant. Le pays d’abord : découverte d’un pays relativement dénué de richesses matérielles visibles mais foisonnant de richesses naturelles et humaines.

La coopérative Hafursa, perdue dans la région de Yirgacheffe et ayant intégré récemment le réseau Commerce Equitable, est un modèle de coopérative. Au moment de notre visite, les projets mis en place à l’aide de la prime du Commerce Equitable étaient en train de révolutionner le village : l’installation de l’électricité était perçue comme un grand changement et la plupart des personnes âgées que nous avons eu l’occasion de rencontrer paraissaient si heureuses d’assister à ce qu’ils appelaient « l’arrivée des nouvelles technologies » !

C’est incroyable comme un voyage comme celui-ci peut nous donner un tel choc humain. C’est durant ce voyage que j’ai vraiment perçu tout l’intérêt de notre travail en aval, dans nos bureaux de la Bastille à Paris. Les producteurs ont la volonté forte de proposer aux acheteurs du Commerce Equitable leur meilleur café, car ils en perçoivent une meilleure rémunération. Nombreuses sont les coopératives appartenant à l’union de coopératives YCFCU qui souhaitaient intégrer le réseau du Commerce Equitable. Mais pour cela, en tant qu’acteurs du Commerce Equitable, nous devons d’abord augmenter nos volumes d’achats (et donc de ventes sur les marchés des pays du Nord !!) afin que plus de coopératives et donc de producteurs, bénéficient des conditions d’achat du Commerce Equitable..."


 
Hélène en Thaïlande
"Bonjour ou Sabaï Di Kha… (comme on dit en Thaïlande)

Je suis revenue fin août de Thaïlande, et plus précisément de Chiang Mai, une commune dans le nord du pays, près de la frontière laotienne. J’y ai rencontré pendant une courte semaine les membres de la coopérative du Riz Noir.
Chiang Mai Organic Cooperative comprend 194 membres et a été créée en 2003. Ils produisent du riz rouge et du riz noir pour l’exportation.
En plus, les producteurs vendent sur le marché local des fruits et légumes et du riz gluant (base de l’alimentation dans le nord du pays).
Ils m’ont expliqué que le riz noir était produit exclusivement pour l’exportation. En effet, sur le marché local, le riz noir est un riz rare et d’exception, utilisé uniquement pour les grandes occasions.

Ce qui m’a d’abord frappée, c’est la fierté des producteurs de retrouver leur produit à l’étranger et leur volonté de développer davantage les relations commerciales avec Alter Eco.
Et leur volonté de faire de l’agriculture biologique : beaucoup des membres de la coopérative ont malheureusement été touchés par les pesticides ou les produits chimiques qu’ils utilisaient (bras paralysés temporairement…) C’est pourquoi ils se tournent progressivement vers le bio.
Pour le moment, ils ont une certification biologique locale, et vont mettre en place, à plus long terme, les procédures et démarches pour être certifiés AB et exporter des produits bio.

Cet audit m’a permis de comprendre ce qu’attendent les producteurs du commerce équitable. Je vous invite donc vivement à découvrir ce riz d’exception."


 
Jérémie au Maroc
" J’ai le plaisir de vous présenter la coopérative de Taïtmatine, au Maroc, dans laquelle nous sommes partis à la rencontre des productrices d’huile d’argan.

La coopérative de Taïtmatine se situe dans le village de Tiout. Ce village se situe au Sud de Taroudant entre les plaines atlantiques du Souss et les hautes montagnes de l’Anti-Atlas. Une position idéale offrant un microclimat pour le reboisement de l’arganier. Cette espèce est d’ailleurs déclarée réserve de biosphère par l’Unesco depuis 1999.

La coopérative rassemble 90 femmes qui peuvent enfin valoriser leur savoir-faire ancestral au travers de l’huile alimentaire ou cosmétique. Les femmes récoltent donc les fruits de l’arganier pour en récupérer les noyaux. Les noyaux sont ensuite concassés manuellement pour dégager l’amandon qui sera à son tour pressé pour obtenir l’huile.

Dans la filière Alter Eco, les femmes touchent 40 Dirhams par kilo d’amandons concassés là où une employée dans une filière conventionnelle touche une rémunération de l’ordre de 15 Dirhams. Au final, nous achetons la bouteille 85 Dirhams à la coopérative soit l’équivalent d’environ 8€ pour 250ml d’huile là où le marché conventionnel valorise le même volume de produit fini à 4,5€. Notre prix équitable permet également de verser une prime à la coopérative pour le financement de projet à caractère collectif. Dans le cas de la coopérative de Taïtmatine, la prime a été réinvestie dans de nouveaux locaux pour permettre aux femmes de travailler dans des conditions de confort supérieures.

L’échange direct que nous avons eu avec les femmes du village de Tiout nous a permis de découvrir leur savoir faire traditionnel et nous avons été particulièrement impressionnés par l’organisation et la volonté de ces femmes mais aussi par leur simplicité et leur grande générosité.
Le projet de cette coopérative permet de valoriser le patrimoine de l’arganier, arbre millénaire que l’on ne trouve que dans cette région du Sud du Maroc. Il est essentiel de défendre l’arganier, arbre porteur du patrimoine historique du Maroc et barrière naturelle à l’avancée du désert qui menace les villages.
En quelques jours, toute l’équipe d’Alter Eco a pu mesurer concrètement l’impact de notre activité mais aussi le chemin qu’il reste à parcourir."


 
Alexis au Burkina Faso

« Chers tous,

Je reviens de trois jours au Burkina Faso. Les femmes de Léo sont incroyables, cette coopérative et ce projet mettent du baume au cœur et donnent envie de renverser des montagnes. Il faut voir les femmes faire le karité entièrement à la main, sans la moindre machine, en chanson, en dansant, avec une bonne humeur communicative.

Elles mettent 3 jours pour faire 5 kilos de beurre de karité, c’est très physique, il y a au moins 8 à 10 étapes. Elles gagnent en moyenne 200 euros par an. Nous sommes, de leurs trois clients, les seuls à préfinancer et à payer un prix qui couvre véritablement le coût de production ; Pour un kilo de karité vendu à Alter Eco, les productrices touchent 1200 CFA (2 euros environ) et la coopérative une prime, contre un prix conventionnel de 708 CFA livré à Ouagadougou ! (soit moins de 500 CFA pour les productrices en conventionnel). Nous avons calculé un coût de production pour les femmes de l’ordre de 1190 CFA, donc nous le couvrons à peine et les autres clients achètent bien en dessous du coût de production.

Malheureusement, Alter Eco n’a acheté que 16 tonnes depuis le début, alors que leur premier client achète 60 tonnes par an. Nous avons donc un impact encore marginal, et les femmes aimeraient qu’on augmente nos commandes, mais pour l’instant, ça n’est pas prévu, tant que les ventes n’augmentent pas… Il faut donc que nos cosmétiques continuent à se développer et touchent le plus grand nombre, au nom des femmes de Léo, une des plus belles coopératives et des plus belles expériences humaines que j’ai eues depuis que je suis à Alter Eco !»


 
Tristan...

... au Ghana :

Producteur de Cacao, il n'avait jamais goûté de chocolat...

"Je rentre d'une quinzaine de jours de voyage au Burkina-Faso, Ghana et Togo, pour le suivi de nos relations avec les organisations de producteurs partenaires (d'où mon silence prolongé). Un moment m'a particulièrement marqué ?

Quand ce producteur, qui récoltait du cacao depuis 60 ans, a pu pour la première fois goûter... du chocolat !!.. Il n'y a pas de chocolat au Ghana dans les villages des producteurs, uniquement de la poudre de cacao, vendue extrêmement cher d'ailleurs pour le portefeuille des petits producteurs.

Un comble donc, pour les petits producteurs de cacao qui n'ont pour la très grande majorité jamais pu goûter le résultat de la fabrication de leurs produits. Cela en dit long sur les conditions d'achats des matières premières et l'inégalité des termes de l'échange... Ce producteur a donc organisé une dégustation pour toute sa famille avec la tablette que je lui ai donnée (notre Lait Mokaccino) : Il l'a trouvée "très douce et sucrée", normal quand on compare à l'amertume de la fève de cacao brute."



... au Maroc
"Je reviens de 15 jours passés au Maroc, rencontrer les productrices partenaires d'Alter Eco pour l'huile d'olive, dans le Nord, la région du Rif. 250 productrices aux surfaces de récolte très réduites qui ont créé la coopérative "Femmes du Rif" et qui sont soutenues par un programme des Nations Unies pour générer des ressources supplémentaires à ces ménages dans des situations économiques précaires (600 euros de revenus annuels en moyenne par ménage..).

Ce qui m'a le plus marqué de ce voyage c'est à nouveau la rencontre avec ces femmes de la coopérative. Ouvertes, ultra motivées, et dégageant des valeurs humaines très fortes, ça impose l'admiration instantanément...

Sinon, si vous partez au Maroc, commencez par le Rif, vous ne serez pas déçus (je pense même que vous y resterez !!...), c'est une région sauvage, peut-être parmi les moins touristiques, très authentique et c'est une zone de montagnes magnifiques pour couronner le tout. Chefchaouen est en particulier une délicieuse petite ville à découvrir et un excellent point de départ pour des excursions dans toute la région... Je vote Rif ! Bons voyages à tous !"




...et en Afrique du Sud :
"Courte visite au pays du thé rouge Rooibos, à 300 km au nord de Cape Town en Afrique du Sud… Paysages de rêve et petits producteurs modèles perdus au milieu d'un désert où ne pousse que le Rooibos. Le thé rouge rooibos a longtemps été le symbole d'une culture réservée aux blancs à l'époque de l'Apartheid.

Aujourd'hui deux coopératives de petits producteurs de couleur défendent les valeurs du thé rouge rooibos équitable et bio. Je leur ai rendu visite pour la troisième année consécutive lors de la traditionnelle récolte qui a lieu chaque année au début de l'automne. Une expérience toujours aussi riche aussi bien au niveau des paysages lunaires rencontrés que des échanges avec des producteurs hors du commun..

Après un voyage comme celui-ci, le thé rouge n'a plus jamais la même saveur. Je vous recommande vivement ce voyage, l'Afrique du Sud est trop peu connue, tout autant que ce magnifique produit et ces producteurs qui le récoltent avec amour... "



Découvrez d'autres récits de rencontres et des carnets de voyages sur le blog de Tristan : tristanlecomte.altereco.com
 
Kathleen au Sri Lanka
"Je crois que j’ai le boulot le plus cool d’Alter Eco… bon, je crois aussi qu’on serait nombreux à dire ça mais voici en quelques lignes ce que j’ai fait l’année dernière : J’ai rencontré plein de gens extraordinaires et je me suis rendue utile !
En 2006 j’ai passé 6 mois auprès de nos coopératives partenaires en Asie du Sud-est pour travailler directement avec les producteurs sur la maximisation de la triple valeur ajoutée (sociale, économique & environnementale) de nos produits.

J’ai travaillé entre autre sur l’amélioration de nos recettes de thé avec les femmes qui produisent le thé au Sri Lanka pour qu’elles me donnent tous leurs secrets pour un thé vraiment exceptionnel, j’ai travaillé avec des petites entreprises familiales en Inde pour trouver des solutions de packaging afin de réduire le suremballage de nos produits, j’ai amené des consommateurs à la rencontre des producteurs de riz en Thaïlande pour qu’ils découvrent le vrai Commerce Equitable, j’ai travaillé avec les coopératives sur le développement de leurs marques propres pour les marchés locaux… ma liste est longue, j’ai beaucoup travaillé ! Mais j’ai surtout appris de ces gens ce que notre partenariat privilégié et notre approche ‘jusqu’auboutiste’ leur apportait… et depuis je travaille deux fois plus.

En tant que Responsable Développement j’essaye de concevoir des produits avec un maximum d’ingrédients issus du Commerce Equitable (plus de retombées pour les producteurs) et qui vont très bien se vendre (plus de retombées pour les producteurs). Oui, on me dit souvent que je suis têtue."


 
Marie-Laure en Bolivie
"6 h 30 du matin : atterrissage à La Paz, Bolivie. Température : 5°C, altitude : 4 000 mètres.
Je prends contact avec Augustin, et me rends dans la matinée à la chocolaterie de El Ceibo située à El Alto, ville qui surplombe et rejoint La Paz, tant l’agglomération s’est étendue. L’odeur du cacao explose jusqu’au moindre recoin de la chocolaterie. D’ailleurs, les blouses des employés ne sont pas marrons – pourtant, j’ai bien vu marron – mais blanches comme à l’accoutumée. Je passe de salle en salle tandis qu’on me décrit toutes les étapes de fabrication du chocolat. Triage, torréfaction, concassage broyage, pressage, malaxage, affinage, conchage, tempérage. Tout ce process est nécessaire pour obtenir un chocolat de qualité. Augustin m’explique également le fonctionnement de cette coopérative : il est justement en train de s’occuper des candidatures qu’il reçoit pour des postes à pourvoir au sein de la chocolaterie. En effet, chez El Ceibo, il existe un roulement des postes qui permet à chaque membre de la coopérative de postuler et obtenir des responsabilités s’il le souhaite. Une manière intelligente d’augmenter les compétences de chacun et de rendre la coopérative plus forte.

Le lendemain : départ pour Sapecho, village des producteurs de cacao d’El Ceibo.
Avez-vous déjà reçu la bénédiction lors d’un long voyage ? C’est ce qui m’est arrivé car la route qui traverse la montagne pour aller dans Las Yungas devient rapidement une piste étroite sur laquelle les bus se croisent de très près.
Arrivée à Sapecho, je rencontre Rene Flores, le directeur de la coopérative. Inutile de vous dire combien nous avons appris sur nos activités respectives. Cela restera une rencontre inoubliable. Mr Flores me raconte l’histoire d’El Ceibo qui faisait du Commerce Équitable bien avant l’heure. Basé sur un principe de solidarité, il a mis en place il y a déjà longtemps un magasin dans lequel les producteurs peuvent vendre leur excédent de production, sans compter les projets de diversification (exploitation de bois).

Et c’est au tour des producteurs qui me racontent leur engagement pour le commerce équitable, leur vie au quotidien et l’impact qu’a eu le commerce équitable sur leur situation.
L’un d’eux me confie que les jeunes ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont de vendre en commerce équitable. C’est la stabilité des prix et le partenariat sur le long terme qui ont mis fin pour eux à une pauvreté qui les tenait à la merci des acheteurs.

Encore beaucoup de choses restent à faire pour améliorer les conditions de vie des petits producteurs en Bolivie mais … nous sommes sur le chemin.
Et puis les producteurs ne demandent qu’une chose : goûter leurs produits. Cela devrait être suffisant pour convaincre les consommateurs."


 
 
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