Alter Eco

Carnets de route
Des rencontres inoubliables...
Catherine en Ethiopie

"Bonjour à tous,
De retour il y a déjà plusieurs mois d’un audit en Ethiopie, j’en conserve toujours un souvenir fabuleux et immensément enrichissant. Le pays d’abord : découverte d’un pays relativement dénué de richesses matérielles visibles mais foisonnant de richesses naturelles et humaines.
La coopérative Hafursa, perdue dans la région de Yirgacheffe et ayant intégré récemment le réseau Commerce Equitable, est un modèle de coopérative. Au moment de notre visite, les projets mis en place à l’aide de la prime du Commerce Equitable étaient en train de révolutionner le village : l’installation de l’électricité était perçue comme un grand changement et la plupart des personnes âgées que nous avons eu l’occasion de rencontrer paraissaient si heureuses d’assister à ce qu’ils appelaient « l’arrivée des nouvelles technologies » !
C’est incroyable comme un voyage comme celui-ci peut nous donner un tel choc humain. C’est durant ce voyage que j’ai vraiment perçu tout l’intérêt de notre travail en aval, dans nos bureaux de la Bastille à Paris. Les producteurs ont la volonté forte de proposer aux acheteurs du Commerce Equitable leur meilleur café, car ils en perçoivent une meilleure rémunération. Nombreuses sont les coopératives appartenant à l’union de coopératives YCFCU qui souhaitaient intégrer le réseau du Commerce Equitable. Mais pour cela, en tant qu’acteurs du Commerce Equitable, nous devons d’abord augmenter nos volumes d’achats (et donc de ventes sur les marchés des pays du Nord !!) afin que plus de coopératives et donc de producteurs, bénéficient des conditions d’achat du Commerce Equitable..."
Hélène en Thaïlande
"Bonjour ou Sabaï Di Kha… (comme on dit en Thaïlande)Je suis revenue fin août de Thaïlande, et plus précisément de Chiang Mai, une commune dans le nord du pays, près de la frontière laotienne. J’y ai rencontré pendant une courte semaine les membres de la coopérative du Riz Noir.
Chiang Mai Organic Cooperative comprend 194 membres et a été créée en 2003. Ils produisent du riz rouge et du riz noir pour l’exportation.
En plus, les producteurs vendent sur le marché local des fruits et légumes et du riz gluant (base de l’alimentation dans le nord du pays).
Ils m’ont expliqué que le riz noir était produit exclusivement pour l’exportation. En effet, sur le marché local, le riz noir est un riz rare et d’exception, utilisé uniquement pour les grandes occasions.
Ce qui m’a d’abord frappée, c’est la fierté des producteurs de retrouver leur produit à l’étranger et leur volonté de développer davantage les relations commerciales avec Alter Eco.
Et leur volonté de faire de l’agriculture biologique : beaucoup des membres de la coopérative ont malheureusement été touchés par les pesticides ou les produits chimiques qu’ils utilisaient (bras paralysés temporairement…) C’est pourquoi ils se tournent progressivement vers le bio.
Pour le moment, ils ont une certification biologique locale, et vont mettre en place, à plus long terme, les procédures et démarches pour être certifiés AB et exporter des produits bio.
Cet audit m’a permis de comprendre ce qu’attendent les producteurs du commerce équitable. Je vous invite donc vivement à découvrir ce riz d’exception."
Jérémie au Maroc
" J’ai le plaisir de vous présenter la coopérative de Taïtmatine, au Maroc, dans laquelle nous sommes partis à la rencontre des productrices d’huile d’argan.La coopérative de Taïtmatine se situe dans le village de Tiout. Ce village se situe au Sud de Taroudant entre les plaines atlantiques du Souss et les hautes montagnes de l’Anti-Atlas. Une position idéale offrant un microclimat pour le reboisement de l’arganier. Cette espèce est d’ailleurs déclarée réserve de biosphère par l’Unesco depuis 1999.
La coopérative rassemble 90 femmes qui peuvent enfin valoriser leur savoir-faire ancestral au travers de l’huile alimentaire ou cosmétique. Les femmes récoltent donc les fruits de l’arganier pour en récupérer les noyaux. Les noyaux sont ensuite concassés manuellement pour dégager l’amandon qui sera à son tour pressé pour obtenir l’huile.
Dans la filière Alter Eco, les femmes touchent 40 Dirhams par kilo d’amandons concassés là où une employée dans une filière conventionnelle touche une rémunération de l’ordre de 15 Dirhams. Au final, nous achetons la bouteille 85 Dirhams à la coopérative soit l’équivalent d’environ 8€ pour 250ml d’huile là où le marché conventionnel valorise le même volume de produit fini à 4,5€. Notre prix équitable permet également de verser une prime à la coopérative pour le financement de projet à caractère collectif. Dans le cas de la coopérative de Taïtmatine, la prime a été réinvestie dans de nouveaux locaux pour permettre aux femmes de travailler dans des conditions de confort supérieures.
L’échange direct que nous avons eu avec les femmes du village de Tiout nous a permis de découvrir leur savoir faire traditionnel et nous avons été particulièrement impressionnés par l’organisation et la volonté de ces femmes mais aussi par leur simplicité et leur grande générosité.
Le projet de cette coopérative permet de valoriser le patrimoine de l’arganier, arbre millénaire que l’on ne trouve que dans cette région du Sud du Maroc. Il est essentiel de défendre l’arganier, arbre porteur du patrimoine historique du Maroc et barrière naturelle à l’avancée du désert qui menace les villages.
En quelques jours, toute l’équipe d’Alter Eco a pu mesurer concrètement l’impact de notre activité mais aussi le chemin qu’il reste à parcourir."
Alexis au Burkina Faso

« Chers tous,
Je reviens de trois jours au Burkina Faso. Les femmes de Léo sont incroyables, cette coopérative et ce projet mettent du baume au cœur et donnent envie de renverser des montagnes. Il faut voir les femmes faire le karité entièrement à la main, sans la moindre machine, en chanson, en dansant, avec une bonne humeur communicative.
Elles mettent 3 jours pour faire 5 kilos de beurre de karité, c’est très physique, il y a au moins 8 à 10 étapes. Elles gagnent en moyenne 200 euros par an. Nous sommes, de leurs trois clients, les seuls à préfinancer et à payer un prix qui couvre véritablement le coût de production ; Pour un kilo de karité vendu à Alter Eco, les productrices touchent 1200 CFA (2 euros environ) et la coopérative une prime, contre un prix conventionnel de 708 CFA livré à Ouagadougou ! (soit moins de 500 CFA pour les productrices en conventionnel). Nous avons calculé un coût de production pour les femmes de l’ordre de 1190 CFA, donc nous le couvrons à peine et les autres clients achètent bien en dessous du coût de production.
Malheureusement, Alter Eco n’a acheté que 16 tonnes depuis le début, alors que leur premier client achète 60 tonnes par an. Nous avons donc un impact encore marginal, et les femmes aimeraient qu’on augmente nos commandes, mais pour l’instant, ça n’est pas prévu, tant que les ventes n’augmentent pas… Il faut donc que nos cosmétiques continuent à se développer et touchent le plus grand nombre, au nom des femmes de Léo, une des plus belles coopératives et des plus belles expériences humaines que j’ai eues depuis que je suis à Alter Eco !»
Kathleen au Sri Lanka
"Je crois que j’ai le boulot le plus cool d’Alter Eco… bon, je crois
aussi qu’on serait nombreux à dire ça mais voici en quelques lignes ce
que j’ai fait l’année dernière : J’ai rencontré plein de gens
extraordinaires et je me suis rendue utile !En 2006 j’ai passé 6 mois auprès de nos coopératives partenaires en Asie du Sud-est pour travailler directement avec les producteurs sur la maximisation de la triple valeur ajoutée (sociale, économique & environnementale) de nos produits.
J’ai travaillé entre autre sur l’amélioration de nos recettes de thé avec les femmes qui produisent le thé au Sri Lanka pour qu’elles me donnent tous leurs secrets pour un thé vraiment exceptionnel, j’ai travaillé avec des petites entreprises familiales en Inde pour trouver des solutions de packaging afin de réduire le suremballage de nos produits,
j’ai amené des consommateurs à la rencontre des producteurs de riz en Thaïlande pour qu’ils découvrent le vrai Commerce Equitable, j’ai travaillé avec les coopératives sur le développement de leurs marques propres pour les marchés locaux… ma liste est longue, j’ai beaucoup travaillé ! Mais j’ai surtout appris de ces gens ce que notre partenariat privilégié et notre approche ‘jusqu’auboutiste’ leur apportait… et depuis je travaille deux fois plus.En tant que Responsable Développement j’essaye de concevoir des produits avec un maximum d’ingrédients issus du Commerce Equitable (plus de retombées pour les producteurs) et qui vont très bien se vendre (plus de retombées pour les producteurs). Oui, on me dit souvent que je suis têtue."
Marie-Laure en Bolivie
"6 h 30 du matin : atterrissage à La Paz, Bolivie. Température : 5°C, altitude : 4 000 mètres.Je prends contact avec Augustin, et me rends dans la matinée à la chocolaterie de El Ceibo située à El Alto, ville qui surplombe et rejoint La Paz, tant l’agglomération s’est étendue. L’odeur du cacao explose jusqu’au moindre recoin de la chocolaterie. D’ailleurs, les blouses des employés ne sont pas marrons – pourtant, j’ai bien vu marron – mais blanches comme à l’accoutumée. Je passe de salle en salle tandis qu’on me décrit toutes les étapes de fabrication du chocolat. Triage, torréfaction, concassage broyage, pressage, malaxage, affinage, conchage, tempérage. Tout ce process est nécessaire pour obtenir un chocolat de qualité. Augustin m’explique également le fonctionnement de cette coopérative : il est justement en train de s’occuper des candidatures qu’il reçoit pour des postes à pourvoir au sein de la chocolaterie. En effet, chez El Ceibo, il existe un roulement des postes qui permet à chaque membre de la coopérative de postuler et obtenir des responsabilités s’il le souhaite. Une manière intelligente d’augmenter les compétences de chacun et de rendre la coopérative plus forte.
Le lendemain : départ pour Sapecho, village des producteurs de cacao d’El Ceibo.
Avez-vous déjà reçu la bénédiction lors d’un long voyage ? C’est ce qui m’est arrivé car la route qui traverse la montagne pour aller dans Las Yungas devient rapidement une piste étroite sur laquelle les bus se croisent de très près.

Arrivée à Sapecho, je rencontre Rene Flores, le directeur de la coopérative. Inutile de vous dire combien nous avons appris sur nos activités respectives. Cela restera une rencontre inoubliable. Mr Flores me raconte l’histoire d’El Ceibo qui faisait du Commerce Équitable bien avant l’heure. Basé sur un principe de solidarité, il a mis en place il y a déjà longtemps un magasin dans lequel les producteurs peuvent vendre leur excédent de production, sans compter les projets de diversification (exploitation de bois).
Et c’est au tour des producteurs qui me racontent leur engagement pour le commerce équitable, leur vie au quotidien et l’impact qu’a eu le commerce équitable sur leur situation.
L’un d’eux me confie que les jeunes ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont de vendre en commerce équitable. C’est la stabilité des prix et le partenariat sur le long terme qui ont mis fin pour eux à une pauvreté qui les tenait à la merci des acheteurs.
Encore beaucoup de choses restent à faire pour améliorer les conditions de vie des petits producteurs en Bolivie mais … nous sommes sur le chemin.
Et puis les producteurs ne demandent qu’une chose : goûter leurs produits. Cela devrait être suffisant pour convaincre les consommateurs."
Tristan...
... au Ghana :
Producteur de Cacao, il n'avait jamais goûté de chocolat..."Je rentre d'une quinzaine de jours de voyage au Burkina-Faso, Ghana et Togo, pour le suivi de nos relations avec les organisations de producteurs partenaires (d'où mon silence prolongé). Un moment m'a particulièrement marqué ?
Quand ce producteur, qui récoltait du cacao depuis 60 ans, a pu pour la première fois goûter... du chocolat !!.. Il n'y a pas de chocolat au Ghana dans les villages des producteurs, uniquement de la poudre de cacao, vendue extrêmement cher d'ailleurs pour le portefeuille des petits producteurs.

Un comble donc, pour les petits producteurs de cacao qui n'ont pour la très grande majorité jamais pu goûter le résultat de la fabrication de leurs produits. Cela en dit long sur les conditions d'achats des matières premières et l'inégalité des termes de l'échange... Ce producteur a donc organisé une dégustation pour toute sa famille avec la tablette que je lui ai donnée (notre Lait Mokaccino) : Il l'a trouvée "très douce et sucrée", normal quand on compare à l'amertume de la fève de cacao brute."
... au Maroc
"Je reviens de 15 jours passés au Maroc, rencontrer les productrices partenaires d'Alter Eco pour l'huile d'olive, dans le Nord, la région du Rif. 250 productrices aux surfaces de récolte très réduites qui ont créé la coopérative "Femmes du Rif" et qui sont soutenues par un programme des Nations Unies pour générer des ressources supplémentaires à ces ménages dans des situations économiques précaires (600 euros de revenus annuels en moyenne par ménage..). Ce qui m'a le plus marqué de ce voyage c'est à nouveau la rencontre avec ces femmes de la coopérative. Ouvertes, ultra motivées, et dégageant des valeurs humaines très fortes, ça impose l'admiration instantanément...
Sinon, si vous partez au Maroc, commencez par le Rif, vous ne serez pas déçus (je pense même que vous y resterez !!...), c'est une région sauvage, peut-être parmi les moins touristiques, très authentique et c'est une zone de montagnes magnifiques pour couronner le tout. Chefchaouen est en particulier une délicieuse petite ville à découvrir et un excellent point de départ pour des excursions dans toute la région... Je vote Rif ! Bons voyages à tous !"
...et en Afrique du Sud :
"Courte visite au pays du thé rouge Rooibos, à 300 km au nord de Cape Town en Afrique du Sud… Paysages de rêve et petits producteurs modèles perdus au milieu d'un désert où ne pousse que le Rooibos. Le thé rouge rooibos a longtemps été le symbole d'une culture réservée aux blancs à l'époque de l'Apartheid. Aujourd'hui deux coopératives de petits producteurs de couleur défendent les valeurs du thé rouge rooibos équitable et bio. Je leur ai rendu visite pour la troisième année consécutive lors de la traditionnelle récolte qui a lieu chaque année au début de l'automne. Une expérience toujours aussi riche aussi bien au niveau des paysages lunaires rencontrés que des échanges avec des producteurs hors du commun..
Après un voyage comme celui-ci, le thé rouge n'a plus jamais la même saveur. Je vous recommande vivement ce voyage, l'Afrique du Sud est trop peu connue, tout autant que ce magnifique produit et ces producteurs qui le récoltent avec amour... "
Découvrez d'autres récits de rencontres et des carnets de voyages sur le blog de Tristan : tristanlecomte.altereco.com


